• Carte double Scène hivernale

    Taille (cm) : 10 x 15

    Livrée avec une enveloppe

    Scène hivernale

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    Couleur blanche de l'hiver

    Le printemps, l'été et l'hiver

    Vallée au nord, onduleuse prairie,
    Déserts charmants, mon coeur, formé pour vous,
    Toujours vous cherche en sa mélancolie.
    A ton aspect, solitude chérie,
    Je ne sais quoi de profond et de doux
    Vient s'emparer de mon âme attendrie.
    Si l'on savait le calme qu'un ruisseau
    En tous mes sens porte avec son murmure,
    Ce calme heureux que j'ai, sur la verdure,
    Goûté cent fois seul au pied d'un coteau,
    Les froids amants du froid séjour des villes
    Rechercheraient ces voluptés faciles.
    Si le printemps les champs vient émailler,
    Dans un coin frais de ce vallon paisible,
    Je lis assis sous le rameux noyer,
    Au rude tronc, au feuillage flexible.
    Du rossignol le suave soupir
    Enchaîne alors mon oreille captive,
    Et dans un songe au-dessus du plaisir
    Laisse flotter mon âme fugitive.
    Au fond d'un bois quand l'été va durant,
    Est-il une onde aimable et sinueuse
    Qui, dans son cours, lente et voluptueuse,
    A chaque fleur s'arrête en soupirant ?
    Cent fois au bord de cette onde infidèle
    J'irai dormir sous le coudre odorant,
    Et disputer de paresse avec elle.
    Sous le saule nourri de ta fraîcheur amie,
    Fleuve témoin de mes soupirs,
    Dans ces prés émaillés, au doux bruit des zéphyrs,
    Ton passage offre ici l'image de la vie.
    En des vallons déserts, au sortir de ces fleurs,
    Tu conduis tes ondes errantes :
    Ainsi nos heures inconstantes
    Passent des plaisirs aux douleurs.
    Mais si voluptueux, du moins dans notre course,
    Du printemps nous allons jouir,
    Nos jours plus doucement s'éloignent de leur source,
    Emportant avec eux un tendre souvenir :
    Ainsi tu vas moins triste au rocher solitaire,
    Vers ces bois où tu fais toujours,
    Si de ces prés ton heureux cours
    Entraîne quelque fleur légère.
    De mon esprit ainsi l'enchantement
    Naît et s'accroît pendant tout un feuillage.
    L'aquilon vient, et l'on voit tristement
    L'arbre isolé sur le coteau sauvage
    Se balancer au milieu de l'orage.
    De blancs oiseaux en troupes partagés
    Quittent les bords de l'Océan antique :
    Tous en silence à la file rangés
    Fendent l'azur d'un ciel mélancolique.
    J'erre aux forêts où pendent les frimas :
    Interrompu par le bruit de la feuille
    Que lentement je traîne sous mes pas,
    Dans ses pensées mon esprit se recueille.
    Qui le croirait ? plaisirs solacieux,
    Je vous retrouve en ce grand deuil des cieux :
    L'habit de veuve embellit la nature.
    Il est un charme à des bois sans parure :
    Ces prés riants entourés d'aunes verts,
    Où l'onde molle énerve la pensée,
    Où sur les fleurs l'âme rêve bercée
    Aux doux accords du feuillage et des airs,
    Ces prés riants que l'aquilon moissonne,
    Plaisent aux coeurs. Vers la terre courbés
    Nous imitons, ou flétris ou tombés,
    L'herbe en hiver et la feuille en automne.

    François-René de CHATEAUBRIAND  (1768-1848)

     

     

     

     

     

     


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  • Carte double Chrysanthème

    Taille (cm) : 10 x 15

    Livrée avec une enveloppe

    Chrysanthème

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    Couleur d'automne magnifique

    Octobre

    Les petits savoyards sont de retour, et déjà leur cri
    interroge l'écho sonore du quartier ; comme les hiron-
    delles suivent le printemps, ils précèdent l'hiver.

    Octobre, le courrier de l'hiver, heurte à la porte de
    nos demeures. Une pluie intermittente inonde la vitre
    offusquée, et le vent jonche des feuilles mortes du
    platane le perron solitaire.

    Voici venir les veillées de famille, si délicieuses
    quand tout au dehors est neige, verglas et brouillard,
    et que les jacinthes fleurissent sur la cheminée, à la
    tiède atmosphère du salon.

    Voici venir la Saint-Martin et ses brandons, Noël et
    ses bougies, le jour de l'an et ses joujoux, les Rois
    et leur fève, le carnaval et sa marotte.

    Et Pasques, enfin, Pasques aux hymnes matinales et
    joyeuses, Pasques dont les jeunes filles reçoivent la
    blanche hostie et les oeufs rouges !

    Alors un peu de cendre aura effacé de nos fronts l'ennui
    de six mois d'hiver, et les petits savoyards salueront
    du haut de la colline le hameau natal.

    Aloysius Bertrand (1807-1841)

     

     

     

     

     


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  • Carte double Fleurs d'automne

    Taille (cm) : 10 x 15

    Livrée avec une enveloppe

    Fleurs d'automne

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    Couleur d'automne qui fait rêver

    L'automne

    Sois le bienvenu, rouge Automne,
    Accours dans ton riche appareil,
    Embrase le coteau vermeil
    Que la vigne pare et festonne.

    Père, tu rempliras la tonne
    Qui nous verse le doux sommeil ;
    Sois le bienvenu, rouge Automne,
    Accours dans ton riche appareil.

    Déjà la Nymphe qui s'étonne,
    Blanche de la nuque à l'orteil,
    Rit aux chants ivres de soleil
    Que le gai vendangeur entonne.
    Sois le bienvenu, rouge Automne.

    Théodore de Banville (1823-1891)

     

     

     

     


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  • Carte double Clématites

    Taille (cm) : 10 x 15

    Livrée avec une enveloppe

    Clématites

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    Songe

    La fontaine

    Je ne veux qu'une seule leçon, c'est la tienne,
    fontaine, qui en toi-même retombes, -
    celle des eaux risquées auxquelles incombe
    ce céleste retour vers la vie terrienne.

    Autant que ton multiple murmure
    rien ne saurait me servir d'exemple ;
    toi, ô colonne légère du temple
    qui se détruit par sa propre nature.

    Dans ta chute, combien se module
    chaque jet d'eau qui termine sa danse.
    Que je me sens l'élève, l'émule
    de ton innombrable nuance !

    Mais ce qui plus que ton chant vers toi me décide
    c'est cet instant d'un silence en délire
    lorsqu'à la nuit, à travers ton élan liquide
    passe ton propre retour qu'un souffle retire.

    Rainer Maria RILKE (1875-1926)

     

     

     


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  • Carte double Fleurs sur le sable

    Taille (cm) : 10 x 15

    Livrée avec une enveloppe

    Fleurs sur le sable

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    Rêverie

    La fée des jours heureux

    Le ciel étend ses voiles en camaïeu d'azur,
    Dans le pré le bonheur s'installe sans façon,
    Papillons, coccinelles caressent le gazon
    Et le jardin se pare de sa chaude parure.

    La fée en ce beau jour, a déployé ses ailes,
    Jouant à cache-cache avec les églantines,
    Longeant la source claire, descendant la colline...
    Tout comme le grillon, elle chante ces merveilles.

    La belle a rencontré des amis en chemin :
    Farfadets et lutins qui grignotent les baies,
    Petits elfes rieurs de nos châtaigneraies...
    Tous ensemble ont dansé en se tenant la main.

    Voici qu'un écureuil la salue au passage,
    Un petit hérisson sort de sa léthargie,
    Tout est douce harmonie teintée de poésie
    Tandis que les pervenches défroissent leurs corsages.

    La fée est si légère sous le soleil ravi,
    Elle parcourt les allées, s'emplissant de lumière,
    En effaçant l'hiver, son froid et ses misères...
    Saluant sous les branches les oiseaux dans leurs nids.

    Si généreuse à tous, elle donne sans rien prendre,
    Son cœur est puits sans fond de générosité
    Le miracle est en elle, sans manière, spontané...
    Effaçant les regrets, en balayant les cendres.

    Je veux oh ! douce fée, connaitre tes secrets
    Avec tous tes amis me joindre à ton festin,
    Tu es l'amie fidèle, celle que l'on aime bien,
    Au jardin des beaux jours, tu es la préférée.

    Marie Josée HUBERT

     

     


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